samedi 4 novembre 2017

L'art de perdre

Alice Zeniter
Éditions Flammarion
22 euros

Qu'est-ce qu'un harki ? Un mot mystère, un mot tabou qui pèse et muselle la famille de Naïma, une jeune galeriste parisienne dont les origines algériennes n'ont jamais jusqu'ici formé qu'un récit parcellaire. 
Le travail de la mémoire, dans cette grande saga familiale qui court des années 1930 à nos jours, sera d'abord celui de la culpabilité mortifère d'une communauté bannie par les siens. D'Ali, le grand-père kabyle, chef du village des crêtes aux oliviers, à Hamid, le père mutique, débarqué à Marseille en 1962, le récit se déploie avec la force tragique des oubliés de l'Histoire.

Avec un sens très fort des situations, Alice Zeniter raconte, sans préjugés ni certitudes. Ali, Hamid, Naïma, trois personnages, trois époques, trois temps de l'Histoire et d'une double culture qui n'en finissent pas de se télescoper.

À travers la saga familiale aux scènes parfois poignantes, c'est aussi le récit du long apprentissage d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales. Il faut apprendre à « perdre » sans oublier, nous rappelle ce beau livre en mouvement dont le souffle narratif nous emporte facilement loin des pensées toutes faites et des conclusions faciles.

Fanny, exploratrice littéraire

Femme à la mobylette

Jean-Luc Seigle
Éditions Flammarion
19 euros

Reine survit comme elle peut au chômage et à l'abandon de son mari, seule avec ses trois enfants dans un modeste pavillon de banlieue. L'horizon, si bouché, la pousse dans ses rêveries, chaque jour plus coupée d'une réalité sans avenir. Mais Reine trouve enfin son salut dans une mobylette bleue, échappée à la ferraille qui pollue son jardin. Grâce à l’engin, elle trouve du travail. Et un homme qu’elle aime sur l’aire de repos de l’autoroute.
Reine a le culte des morts, du cimetière, des listes de mots et des bouts de tissu. C’est une artiste. Trop fragile dans un monde féroce où la réalité ne pourra que la rattraper…

Jean-Luc Seigle réactive ici un genre qu’ont magnifié Hugo et Zola, le roman populaire ; il insuffle du beau, du sentiment, du romanes­que dans ce qui pourrait n’être qu’un tragique fait divers. En deux cents pages découpées comme des tableaux d’art brut, la réalité se mêle de fantastique, de mystique dans un style sobre et pourtant poétique.

À la fin du roman, Jean-Luc Seigle nous offre un étonnant journal de voyage "A la recherche du sixième continent" qui apporte une autre dimension à ce roman en lui conférant une part autobiographique. Dans ce journal d'un séjour à New-York, Jean-Luc Seigle évoque sa visite à Ellis Island. "Le pays né de l'immigration ferme ses portes aux immigrés. L'Amérique est devenue un pays aussi replié sur lui-même que les autres". Cette situation des migrants rejoint celle des pauvres comme Reine, des laissés pour compte du monde moderne.

Fanny, lectrice experte

mercredi 1 novembre 2017

Tous les hommes du roi

Robert Penn Warren
Traduit de l'anglais par Pierre Singer
éd. Monsieur Toussaint Louverture
13.50 €

Années trente, alors que dans la chaleur du Sud, ses ennemis manœuvrent pour prendre sa place, Willie Stark, « l’enfant humilié » devenu gouverneur, se découvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin. Le Boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quête de sens, du fardeau de découvrir la vérité, car dans un monde de corruption « il y a toujours quelque chose à déterrer ». (présentation de l'éditeur)

 Il y a dans Tous les hommes du Roi un souffle de vie qui rend à la politique politicienne son universalité et sa grandeur. Quoique l'auteur ne se cache pas de sa carte démocrate en quête d'un énième Pulitzer, on doit admettre que celui-là le mérite.

Loin de chercher à régler la marche du monde, le personnage principal, Jack Burden, erre hagard parmi les « Grands Hommes », apparemment sourd aux secousses qui les élèvent ou les jettent à terre. Il est de ces observateurs capables de capter dans les détails de l'actualité le chant des « rouages éternels dans la tête de Dieu »... ou du Roi.

Un livre beau à lire, qui saisit le lecteur dans l'Histoire et le met face à sa neutralité d'observateur dans ce livre et dans sa vie.

Morceaux choisis :
" Derrière moi, j'entendis quelqu'un ouvrir puis refermer la barrière de l'enclos, mais je ne me retournai pas. Tant que je ne me retournais pas, la personne qui venait d'ouvrir la barrière en faisant grincer les charnières n'existaient pas. C'est un formidable principe de vie que j'avais découvert dans un livre quand j'étais à l'université, et auquel je m'étais fermement tenu. Je lui devais ma réussite. Il m'avait mené jusqu'ici. Ce que tu ignores ne te fais pas souffrir, car ça n'existe pas. Dans ce livre, ils appelaient ça l'Idéalisme, donc, quand j'ai adopté cette philosophie, je suis devenu un idéaliste. A cette époque, j'étais un idéaliste des plus têtus. Si tu l'es, peu importe ce que tu fais ou ce qui se passe autour de toi, car de toute façon, ça n'existe pas."

"Cass Mastern ne vécut pas longtemps mais il eut le temps de comprendre que le monde est fait d'un seul bloc. Il découvrit que celui-ci est comparable à une gigantesque toile d'araignée et que, dès que tu l'effleures en un point, les vibrations se propagent telles des ondes jusqu'aux point les plus éloignés. L'araignée assoupie se réveille alors et s'élance, elle te ligote de ses fils, toi qui as touché sa toile, et t'injectes le venin noir qui te paralysera. Peu importe que tu aies frôlé la toile intentionnellement ou par accident ; ton pied innocent ou ta main effrontée ne l'ont peut-être qu'effleurée, mais ce qui doit arriver arrive toujours et l'araignée est là, velue et noire, avec ses croches suintant et sa multitude d'yeux qui étincellent tels des miroirs au soleil, ou comme l’œil de Dieu."

" Il m'est nécessaire de croire que Willie Stark était un grand homme. Ce qui est advenu de sa grandeur, là n'est pas la question. Peut-être l'avait-il laissée filer comme un liquide dont la bouteille se brise. Peut-être l'avait-il amassée avant d'en faire un grand feu de joie, dans l'obscurité, dont il ne resta rien d'autre que les ténèbres et le scintillement des braises. Peut-être n'avait-il pu distinguer en lui la grandeur de l'abjection, les confondant si bien que ce qui avait été corrompu s'était fondu dans le reste. Mais cette grandeur, il l'avait eue. Je dois y croire."


De notre envoyé spécial, Félix, lecteur intrépide

mercredi 25 octobre 2017

Fête du livre jeunesse de St Paul Trois Châteaux

ça y est, nous pouvons dévoiler la magnifique affiche réalisée par  Beatrice Alemagna pour la 34e édition de la Fête du Livre Jeunesse de St-Paul-Trois-Châteaux, dont nous sommes partenaires...
 
Découvrez le programme ici : http://www.slj26.fr/
 

Atelier avec les éditions Benjamins Media

Retour en images...

 



mardi 10 octobre 2017

Un formidable désir de lecture (part one)


D.R
Ah, la rentrée littéraire ! Chaque année, nous voyons arriver cette période avec autant de curiosité que d'appréhension… Appréhension à l'idée des dizaines de milliers de cartons qu'il va falloir réceptionner et manipuler chaque semaine (aïe, le dos...), cartons eux même remplis de centaines de milliards de nouveautés - romans, essais, albums jeunesse, etc. - qu'il faudra lire, les uns après les autres ou tous en même temps, le plus vite possible parce que les piles montent, montent, montent sur nos tables de chevetBien sûr nous sélectionnons en amont, bien sûr nous ne pouvons ni ne voulons recevoir l'intégralité de cette avalanche littéraire ! Mais quand même, c'est une période intense de lecture au kilomètre et de bien peu de sommeil.

Et pourtant ! Comment ne pas se laisser gagner par l'excitation en les déballant, ces fameux cartons ! Comment ne pas se sentir heureux de ce formidable désir de lecture suscité par le bouillonnement éditorial, l'écho médiatique exceptionnel donné aux livres et aux auteurs ! Plus qu'à d'autres périodes de l'année, les livres sont comme des promesses, promesse d'être éblouis, emportés, bouleversés par nos lectures, et même si ces espoirs sont parfois déçus, on se laisse prendre au jeu.

Alors oui, une fois les piles bien rangées sur nos tables, nous faisons le dos rond, un peu agacés par l'hystérie de la période des prix littéraires, on attend que ça passe, mais que de belles découvertes aussi, que de belles voix que l'on a envie de donner à entendre, voix affirmées d'auteurs que nous aimons déjà et qu'il est bon de retrouver, voix inouïes jusqu'alors et qu'il nous semble avoir toujours connues, voix plus ténues que celles qui dominent le grand concert de la rentrée….
 

Et parmi celles-ci, écoutez : la voix d'Eka Kurniawan, dans Les belles de Halimunda, (éd. Sabine Wespieser), ample fresque indonésienne tant historique que mythologique construite autour d'une inoubliable lignée de femmes ; celle de Paolo Cognetti dans Les huit montagnes, (éd. Stock), récit d'enfance, de filiation, intimiste et émouvant, et déclaration d'amour aux montagnes (de lui, on avait déjà beaucoup aimé aux éditions Zoé Le Garçon et la montagne) ; la voix singulière d'Ali Erfan dans Sans ombre (éd. de l'Aube), récit glaçant de la guerre Iran-Irak vue à hauteur d'enfant ; la voix chaude de Kei Miller dans By the river of Babylon (éd. Zulma), conte rastafari à la belle maîtrise narrative (chroniqué ici) ; la voix bouleversante et hélas à jamais éteinte de Richard Wagamase dans Jeu blanc (éd. Zoé, qui avaient déjà publié l'an dernier le magnifique Les étoiles s'éteignent à l'aube, chroniqué ici) ; la voix de Joël Baqué dans La fonte des glaces (éd. P.O.L), loufoque épopée d'un charcutier devenu à son corps défendant « une icône de la cause écologique » (et de Joël Baqué on avait adoré La mer c'est rien du tout chez le même éditeur) ; enfin la voix de Baptiste Morizot dans Les diplomates, cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (éd. Wildproject), stimulant essai qui nous invite à « vivre en bonne intelligence avec ce qui, en nous et hors de nous, ne veut pas être domestiqué »…
 
Allez, laissez nous un peu de temps, et nous vous proposerons d'autres merveilles…
Claire

Extases

T.1 Où l'auteur découvre que le sexe des filles n'a pas la forme d'un X...
JeanLouis Tripp
éd. Casterman
22 €

A première vue, quand on découvre cette BD, on se sent assez loin de la série « Magasin général », à laquelle est indissociablement lié le nom de Tripp, associé à celui de son compère Loisel avec qui il l'a créée et développée.
Et finalement… si le lieu et l'époque diffèrent, et le genre puisqu'on est ici face à un récit autobiographique, une parenté se fait, évidente, entre les deux œuvres. Le propos qui apparaissait en filigrane dans « Magasin général » est abordé ici frontalement : défendre la liberté de chacun d'explorer et de vivre sa sexualité, quelle que soit la forme qu'elle prenne, loin de tout jugement moral.
Dans ce premier volume consacré à ses années « de formation » amoureuse et sexuelle (adolescence, débuts de la vie adulte), Tripp fait preuve d'une joyeuse crudité et d'une honnêteté qui force le respect dans la description de ses découvertes, ses expériences, ses questionnements.

Il pose ainsi les jalons de ce qui se présente comme une quête personnelle, sans éluder les prolongements sociaux et politiques de cette grande affaire qui prend tant de place dans nos vies...
Une approche libertaire et réjouissante d'un sujet trop souvent tabou !
 
 
A lire aussi , tant qu'on y est :
- L'origine du monde, de Liv Stromqvist (éd. Rackham)
- Une histoire du sexe, de Philippe Brenot et Laëtitia Coryn (éd. Les Arènes)
- Le vrai sexe de la vraie vie, de Cy (éd. Lapin)

L'infini et moi

Kate Hosford
Illustrations Gabi Swiatkowska
Adapté de l'américain par Jeanne Simonneau
éd. Le Genévrier
15 €


Contemplant le ciel étoilé, une enfant se retrouve soudainement confrontée à la notion d'infini : « Combien y avait-il d'étoiles ? Un million ? Un milliard ? Peut-être que leur nombre était aussi grand que l'infini. » Elle se met alors à questionner son entourage pour essayer d'appréhender cette abstraction… Mais chaque définition ouvre à son tour un abîme de questions : « C'est un nombre gigantesque qui grandit encore et encore » ; c'est « une musique écrite dans un cercle, sans fin » ; c'est quelque chose qui se répète « pour toujours »… Mais que pourrait-on souhaiter voir exister pour toujours ? Même le symbole de l'infini, ce 8 renversé qu'elle apprend à tracer, est impuissant à le représenter et à endiguer le questionnement métaphysique de la fillette : « Je commençais à me dire que mes questions sur l'infini pourraient, elles aussi, être sans fin. ».

Elle trouvera finalement sa propre définition et ainsi l'apaisement de son trouble : l'affection qui la lie à ceux qu'elle aime est aussi grande que l'infini. C'est cela qui lui rend habitable ce monde complexe et insaisissable. « Cette nuit-là, j'ai demandé à Grand-mère si elle voulait bien regarder les étoiles avec moi. Comme j'étais blottie tout contre elle, le ciel ne paraissait plus si immense ni si froid. Il ressemblait davantage à une couverture étincelante qui nous enveloppait toutes les deux. »

mercredi 4 octobre 2017

Atelier "Jeux tactiles" avec les éditions Benjamins Media


Mardi 24 octobre de 14h à 15h15

Atelier « Jeux tactiles, tu tactiles... » dans le cadre de la tournée anniversaire des éditions Benjamins Media The magical mystery tour !


« Benjamins Media est un créateur de livres sonores depuis très très longtemps. Comme on ne fait rien comme les autres, on fait du cousu main : illustrations stylisées, histoires rigolotes et porteuses de sens, sons ciselés, livres imprimés sur du papier offset... Quel que soit son âge, l’enfant trouvera un livre à sa taille : S s’il est tout-petit, M s’il a moins de 6 ans et L s’il sait lire. Il veut une version en braille et gros caractères ? On a ! Une version numérique ? On a ! Une version en langue des signes ? On a aussi ! »
 

Jeux tactiles, tu tactiles est une animation originale où l'on doit regarder avec les mains et brailler si possible… Toucher, « brailler », c'est jouer ! Plusieurs modules sont proposés : découverte de l'alphabet braille, illustration en relief, découverte de jeux en relief dans les livres adaptés de Benjamins Media (labyrinthe, fil d'Ariane…) ; mis bout à bout, ils permettent de développer progressivement le sens du toucher des participants et d'appréhender une approche sensorielle de l'objet livre.
Atelier animé par Rudy Martel, directeur des éditions Benjamins Media.
Gratuit.
Pour les enfants à partir de 3 ans accompagnés d'un adulte.
Groupe limité à 15 enfants, sur inscription par téléphone (04 75 93 63 89) ou par mail à tiers-temps@wanadoo.fr
 
 

dimanche 1 octobre 2017

By the river of Babylon

Kei Miller
traduit de l'anglais (Jamaïque) par Nathalie Carré
éd. Zulma
20.50 €

Augustown, quartier pauvre de Kingston. En cet après-midi d’avril 1982, Kaia rentre de l’école. Ma Taffy l’attend, assise sur sa véranda. La grand-mère n’y voit plus mais elle reconnaît entre toutes l’odeur entêtante, envahissante, de la calamité qui se prépare. Car aujourd’hui, à l’école, M. Saint-Josephs a commis l’irréparable : il a coupé les dreadlocks de Kaia – sacrilège absolu chez les rastafari. Et voilà Ma Taffy qui tremble, elle que pourtant rien n’ébranle, pas même le chef du gang Angola ni les descentes des Babylones, toutes sirènes hurlantes.
On dirait bien qu’à Augustown, Jamaïque, le jour de l’autoclapse – catastrophe aux promesses d’apocalypse – est une nouvelle fois en train d’advenir. (Présentation de l'éditeur)

" En s'éloignant un peu des préjugés sur les rasta et l'Afrique, l'auteur nous fait plonger dans la Jamaïque néocoloniale. Avec beaucoup d'humour et de justesse, la parole est saisie tour à tour par une poignée de personnages tous marginaux et pourtant trop ordinaires pour qu'on ait jamais pris la peine de les écouter. Tous souffrent, du gouverneur à la balayeuse, tous sont les rouages grinçants de la même meute, et l'auteur m'a fait aimer chacun d'entre eux.
Kei Miller ne cède ni au moralisme ni au sentimentalisme, il nous embarque dans un conte rasta superbement rythmé dans les arômes de poussière et de sueur, auprès d'hommes et de femmes de vie et de légendes qui crient et chantent leur résistance. Le récit superbement mené jusqu'au trois-quarts du livre s'essouffle cependant à partir du moment où l'auteur reprend la parole à son compte, comme s'il était plus conscient des autres que de lui-même. L'histoire retombe finalement sur ses pattes et on referme immanquablement un livre qui marque et qui aime. "
Félix, lecteur émérite
 

samedi 30 septembre 2017

Interview de Beatrice Alemagna

Pour la revue Citrouille, nous avons interrogé Beatrice Alemagna à propos de son album Un grand jour de rien, paru aux éditions Albin Michel Jeunesse dans la collection Trapèze. Beatrice Alemagna sera présente à la prochaine Fête du livre jeunesse de St Paul Trois Châteaux dont nous sommes partenaires (on en reparle bientôt !), et c'est elle qui réalisera l'affiche...
Voici ce qu'elle nous a dit...

CLAIRE POILROUX : Une question un peu «bateau» pour commencer : j'aimerais que vous m'en disiez plus sur la façon dont naissent vos livres. Qu'est-ce qui arrive en premier : une idée, une image, une histoire ? Quelles sont vos sources d'inspiration, en général et particulièrement pour cet album?

BEATRICE ALEMAGNA : Toujours l’histoire, ensuite quelques images qui la complètent, et puis une collaboration stricte entre mots et images qui viennent composer et compléter un tout porté par l’envie de raconter. Par la narration, tout simplement.

C'est la première fois que l'un de vos albums met en scène de façon aussi directe des objets et des occupations très contemporains, tels que l'ordinateur ou la console de jeux… Est-ce que cela répondait pour vous à une envie de transmettre un message, voire à une dénonciation de cette technologie chronophage qui nous coupe les uns des autres ? Une façon d'inciter les enfants (et les adultes tout autant !) à lever le nez de leurs écrans?

B. A. : En voyant les enfants autour de moi, presque tout le temps rivés sur leurs tablettes, j’ai vraiment senti le besoin de parler de cette incapacité à décoller des écrans. Ils me semblent un point cardinal dans la culture de nos enfants aujourd’hui, mais aussi des adultes. La réalité est-elle finalement plus intéressante que la fiction ? Et si oui, comment la redécouvrir ? Sommes-nous encore capables de passer du temps en toute solitude, sans contact avec les autres ? Sommes-nous encore aptes à apprivoiser l’ennui ? Voilà ce qui a motivé l’écriture de cette histoire. L’envie de parler d’un temps retrouvé: distendu, rêvé, solitaire et magique, en plein contact avec la nature et ses sensations.

On voit bien, en même temps, que pour les personnages de cette histoire, l'enfant et sa mère, cette façon de s'occuper, de « tuer le temps » est un moyen d'échapper à leur tristesse, liée à l'absence d'un troisième personnage qui est évoqué pudiquement à plusieurs reprises, le père. On ne sait pas pourquoi il n'est pas là, mais j'aime ce côté elliptique, le fait que tout ne soit pas explicité, cela fait appel à l'intelligence du lecteur, à son interprétation.

B. A. : C’est ce que j’espère toujours. Dans mes livres, le lecteur a pleine liberté. Il peut décider que le papa soit mort ou juste resté à la maison pour travailler. Il peut recolorer de son imagination certaines pages, certains détails que je laisse incomplets, de manière volontaire.

Un des enjeux de cet album me semble être la question du temps, le temps qui pèse, qui s'étire, qu'il faut remplir, et puis le temps suspendu de la contemplation, d'une nouvelle présence au monde. Le texte est entièrement écrit à l'imparfait et au passé simple : cela est inhabituel pour un album et donne une tonalité très littéraire. Est-ce que cela s'est imposé d'emblée dans votre travail d'écriture de ce texte ?

B. A. : Oui, le temps au passé simple m’a paru fondamental car le voyage intérieur que fait cet enfant l’emmène ailleurs, et à la fin de l’histoire le gamin est loin de ce qu’il raconte. Comme s’il avait muté, après ce petit voyage dans la pluie et dans la forêt.

Ce qui me paraît faire le lien entre vos albums, si différents soient-ils les uns des autres, c'est la bienveillance et l'empathie dont vous faites preuve envers vos personnages, respectés dans leur singularité et dans leur difficulté à vivre, parfois. Vous avez un vrai talent pour vous mettre à hauteur d'enfant notamment. Écrire des albums, c'est rester connecté à l'enfance ?

B. A. : C’est sûrement essayer de le faire. C’est raconter avec une partie de nous plus enfouie, plus lointaine. La faire vivre et ne jamais essayer de banaliser ses propos, de ne jamais les rétrécir à la taille d’enfant.

Du point de vue formel : l'album est imprimé en cinq couleurs, puisqu'aux quatre couleurs habituelles se rajoute un pantone orange fluo qui vient rehausser certains éléments, notamment l'imperméable du garçon, qui prend des allures de petit lutin des bois… On avait déjà cet ajout de pantone dans Le merveilleux Dodu-velu-petit paru également chez Albin Michel Jeunesse dans la collection Trapèze. Quelle est votre implication dans les questions de fabrication, est-ce que cela fait partie intégrante pour vous du processus de création, ou bien est-ce que vous considérez que cela appartient à l'éditeur ?


B. A. : Oh que non ! C’est une idée tout à fait personnelle, l’usage de ces pantones. Les mêmes fluos sont dans mes originaux et cela a bien une raison d’être. Autant dans Le Dodu le fluo ramenait à l’exception du petit être incroyable et singulier en faisant un rapprochement entre l’enfant et sa propre imagination, autant dans Le Grand jour l’orange vif illumine le héros et le transforme en une sorte de « loupiote » qui se promène. Cela sert à souligner sa différence avec l’habitat naturel mais aussi à transmettre l’idée que le petit est habité par quelque chose, comme une force intérieure. Et que cela ferait presque de la lumière.

Reprise des Racontines


mardi 26 septembre 2017

Rencontre avec Colin Niel


En partenariat avec les Cafés Littéraires de Montélimar et le Lycée Marcel Gimond (Aubenas)


Dans le cadre de la 22e édition des Cafés Littéraires, deux classes du lycée Gimond reçoivent l'auteur Colin Niel le vendredi 27 septembre à 14h30.
 La rencontre se tiendra à la librairie. Priorité est donnée aux élèves, mais il est possible d'assister à la rencontre en fonction des places disponibles.


Colin Niel est né en 1976 en région parisienne où il a grandi, avant de voyager un peu partout et de vivre loin de son béton natal, en Guyane, en Guadeloupe.

Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il commence à écrire à son retour de Guyane et donne vie au capitaine Anato et à ses enquêtes en Amazonie française.

Sa série guyanaise multiprimée - Les Hamacs de carton, Ce qui reste en forêt et Obia (éditions du Rouergue) - met en scène le personnage d’André Anato, un gendarme noir-marron à la recherche de ses origines.

En 2017 il publie, toujours aux éditions du Rouergue, Seules les bêtes, un roman qui ne fait pas partie de la série guyanaise, récit choral saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le Causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le cœur des hommes.

Gratuit.

Sur inscription par téléphone (04 75 93 63 89) ou par mail à tiers-temps@wanadoo.fr

jeudi 31 août 2017

Bestiaire transgénique

Julie Lannes
L'Atelier du Poisson soluble
17 €

En 2011, nous avions découvert le travail de Julie Lannes avec son magnifique "Chimères génétiques" qui avait été distingué par le prix Sorcières du documentaire. En se basant sur des textes scientifiques, elle offrait une mise en image de manipulations génétiques testées mais jamais mises en œuvre à grande échelle.

Elle nous en offre ici le pendant animalier en s'attachant cette fois-ci aux expérimentations génétiques animales. On y découvre ainsi d'incroyables mariages d'ADN (protéine de soie d'araignée dans le génome d'une chèvre ; cafard rendu fluorescent par adjonction de protéine de méduse ; vache augmentée de gènes humains afin de fabriquer un lait proche de celui de la femme, etc.).

L'effet produit par ces magnifiques et dérangeantes planches est à l'image de ce que l'on ressent face à ces recherches scientifiques : fascination et effroi. Une dimension supplémentaire apparaît : celle de l'humour. On sent que l'illustratrice s'est bien amusée à donner vie à ces monstres, pour notre plus grand plaisir. Ce livre n'en demeure pas moins discrètement militant, car s'il est vrai que la liberté de l'artiste-démiurge doit être sans limite, cela est nettement plus inquiétant de voir à quelles expériences se livrent les  apprentis-sorciers dans le secret des labos...
 
Claire

samedi 24 juin 2017

Festival chorégraphique Format

FESTIVAL Chorégraphique #7
Samedi 1er juillet 18h !
Maison du Parc - Jaujac

Prendre la route et arriver ici entre chien et loup... À la tombée de la nuit, la danse embrasse ceux qui continuent à se promener dans les bois. Il nous faut être nombreux pour peupler cet instant volé au réel. Ensemble entre plaisir et risque, nous ferons corps, mouvements, regards !
 
DANSER DANSONS DANSEZ
Le festival chorégraphique #7 vous invite à traverser l’expérience de la durée d’une nuit de danse, à faire corps commun avec les artistes. Pas d’horaires de spectacles, seul un unique rendez-vous inaugural à 18h pour entrer dans cette aventure collectivement. Pour éclairer cette nuit de danse, nous vous proposons de :
 
• Porter des habits de lumières
• Venir pour l’entrée en matière à 18h
• Se voir, se présenter, se mettre en appétit
• Ensemble avancer dans la nuit, plonger dans les spectacles, se nourrir, festoyer
• Danser et danser...
 
RETROUVEZ NOUS ! La librairie sera présente avec des ressources littéraires sur l’art et la culture chorégraphique, le paysage, le territoire, le spectacle vivant, l’éducation populaire...


lundi 5 juin 2017

Dédicace Chloé Gabrielli et Eric Fleury


Voir ailleurs si elle y est

Chloé Gabrielli / Eric Fleury / Mathilde Burguière

Livre-CD
A paraître le 24 mai 2017
IRFAN (le label)
20 €


 "Lorsque Mildred était montée sur la barque en cette nuit de décembre, elle n'avait rien pris le temps d'emporter, ni valises, ni souvenirs, ni mots d'adieu. Seul son petit coffre de bois clair finement travaillé lui servirait de compagnon, de confident. Elle l'avait serré contre elle comme nous nous raccrochons le dernier fil qui semble nous rattacher à la vie. Seul Golwen l'avait accueillie, écoutée, comprise."

D'où vient-elle ? Quel est son secret ? Quelle graine va-t-elle semer dans le cœur de Golwen pour que la mer l'appelle autant ? Quel voyage Golwen se prépare-t-il à faire pour aller voir ailleurs si elle y est ?
Une histoire illustrée en peinture et en musique pour tout le monde.

Réunir Eric Fleury, Chloé Gabrielli et Mathilde Burguière, c'était un peu comme une évidence. Des tableaux qui jouent avec les mots, des sons qui chantent la couleur du monde, des mots dont le son laisse longtemps son empreinte aux oreilles.
Dans Voir ailleurs si elle y est, ils nous parlent d'amitié, de découverte, du monde, de la séparation, du deuil aussi, mais surtout de l'amour, du voyage et du regard des autres.
C'est un conte pour tous, tout doux mais aussi grave, qui rappelle avec force et couleurs, en musique, que nous sommes tous du même monde.
 
Chloé Gabrielli et Eric Fleury
viendront dédicacer cet ouvrage à la librairie
le samedi 10 juin de 17 h à 19 h
Venez nombreux !


mardi 2 mai 2017

Comment tout a commencé

Liuna Virardi
éd. MeMo
15 €
Au commencement de notre terre, le feu, puis l'eau.
Puis le temps.
Beaucoup de temps, un temps inimaginable, pour que se forment les premières bactéries, puis de ces bactéries des formes de vie, minuscules d'abord et multiples, changeantes... dans l'eau, sur terre, dans l'air.
Et puis, nous ! Homo Sapiens qui entre en scène il y a 1.8 millions d'années (c'est comme si c'était hier...).
 
Liuna Virardi nous offre, avec ce magnifique album, un voyage dans le temps autant qu'une rêverie sur le temps qui passe, au fil d'une frise sans texte déroulant la chronologie de l'apparition de nombreuses espèces végétales et animales, comme une longue chaîne ininterrompue. 
Dans le texte qui précède et suit ce voyage, elle nous fait part de son émerveillement devant la multiplicité du vivant, mais aussi de sa fragilité, mettant en exergue les quatre extinctions de masse qui ont déjà eu lieu et notre responsabilité à empêcher qu'une nouvelle n'advienne : "Plantes, animaux, êtres humains, nous faisons tous partie du même ensemble, et il nous appartient aujourd'hui de le protéger".
 
Claire

Contes de fesses

Benjamino Caldo
éd. Hélium
9.90 €
Quand un auteur jeunesse se lâche...
Ecrire et dessiner pour la jeunesse, c'est beau, c'est gratifiant, c'est édifiant... mais parfois, la tentation doit être grande de laisser un peu tomber les bons sentiments et le respect des convenances ! Et le résultat ne manque pas de piquant...
Il a beau essayer de se cacher derrière un pseudonyme, on l'a bien reconnu, Benjamin Chaud ! Il nous régale, dans ce délicieux petit recueil -  à ne pas mettre dans toutes les mains - de saynètes mettant en scène les personnages les plus emblématiques des contes de fées dans des situations et des pratiques sexuelles des plus osées !

Attention à la crampe des zygomatiques, et prenez garde à ce qu'il ne tombe pas entre les mains de vos chers bambins, ils ne s'en remettraient pas car ce n'est vraiment pas un livre pour enfants, même si, comme le rappelle la 4e de couverture, il "incitera peut-être à les concevoir avec humour" !

Claire

samedi 29 avril 2017

Les porteurs; T1 Matt

C. Kueva
éd. Thierry Magnier
14.90

Gaëlle a choisi d’être femme, Flo hésite encore. Matt, lui, sait que dans trois mois, il deviendra un homme.
Dans cette société, tous les enfants naissent hermaphrodites. A seize ans, les adolescents doivent choisir leur sexe. Tous, sauf ceux atteints d’une déficience qui les condamne à un autre destin. On les appelle les Porteurs. Matt découvre qu’il est l’un de ceux là.

Mais que cache vraiment la déficience des Porteurs ? Pourquoi l’État les tient-il sous haute surveillance ? Une formidable histoire de manipulation, de secret d’Etat, et bien entendu d’amour.

Catherine Cuenca nous emmène dans une dystopsie  où après une catastrophe nucléaire les naissances et le sexe sont régulés. Les naissances ne se font plus qu'in vitro et par césarienne et le sexe de chacun se choisit à 16 ans.
L'amour, les relations de couples, l'homosexualité, l'amitié, les trahisons seront autant de sujets qui traverseront les réflexions des lecteurs. 

Lectorat : jeunes adultes, à partir de 14 ans
 
Arnaud

La fille du marchand de figues de barbarie

Muriel Bloch
Illustrations Sarah Loulendo
éd. Magnard jeunesse
16.90 €

A Alep, un marchand de figues de Barbarie est arrêté par décret du roi, car le souverain ne supporte plus les vendeurs ambulants dans la rue.
 
Mais comment sa fille Selma survivra-t-elle si son père est enfermé ? Sans plus attendre, Selma décide de tout faire pour le sauver.

Ayant appris que le roi organise une fête en l'honneur de son fils, la jeune fille emprunte une belle robe, des souliers à talons, et du maquillage à ses voisines pour tenter sa chance à la cour. Mue par l'urgence du désespoir, Selma se présente au palais, et rien ni personne ne l'arrêtera...

Arnaud
 

jeudi 27 avril 2017

Bouillon de culture chorégraphique avec l'association Format

ÉTUDE COMPARÉE des œuvres de la chorégraphe Mathilde Monnier
Un rendez-vous pour découvrir le paysage chorégraphique de la fin des années 1990 au début des années 2000 dans le cadre de la re-création d'un extrait de la pièce Déroutes de Mathilde Monnier avec un groupe de danseurs amateurs.
 
Comprendre la cohérence et la singularité de Déroutes dans le parcours de la chorégraphe à partir d’extraits vidéo.
 
Vendredi 5 mai à 19hAvec Thibaut Kaiser
 
Le projet Déroutes, ou la recréation d’une pièce de répertoire pour 8 danseurs amateurs
Avec les artistes Enora Rivière et Thibaut Kaiser
Déroutes, pièce de Mathilde Monnier, créée en 2002, est déambulatoire, sans début, sans fin. Déroutes réconcilie ce que l’on a communément appelé la « non-danse » de la fin des années 90 avec une véritable écriture du mouvement, et apparaît comme une pièce remarquable du point de vue de l’évolution historique de la danse.
 

Carrefour européen du 9e Art et de l'Image à Aubenas

Affiche Florence Cestac

Tous les ans, BD et Image se croisent à Aubenas le dernier week-end de mai. Un rendez-vous dont nous sommes partenaires. Cette année, les rencontres se tiendront les samedi 27 et dimanche 28 mai au Centre Le Bournot.

Sur une proposition de Claude Moliterni, co-fondateur du Festival d'Angoulême, la manifestation explore les liens de la bande dessinée avec les nouveaux territoires de l'image. Au programme : dédicaces, rencontres, expositions, conférences, ateliers...
Laurent Turpin, directeur de la rédaction de bdzoom.com, a repris le flambeau de la direction artistique. Le service culturel de la ville d'Aubenas et la médiathèque intercommunale Jean Ferrat co-organisent le rendez-vous.
 
Pour cette 11e édition, retrouvez : Amandine, Pauline Aubry, Virginie Augustin, Philippe Bercovici, Francis & Véronique Bergèse, Berik, Olivier Berlion, Pierre Boisserie, Franck Bonnet, Thierry Bouüaert, Eric Buche, Serge Carrère, Florence Cestac (invitée d'honneur), Stéphane Douay, Drac, Jean-Luc Garréra, Sandrine Goalec, Hubert, Juan, Fabien Lacaf & Nelly Moriquand, Éric Liberge, Fabrice Parme, Régis Penet, Tommy Redolfi, Alexis Robin, Patrice Serres, Jean Solé et Yannick !
 

 

L'esclave islandaise

Steinunn Johannesdottir
éd. Gaïa
23 €

En 1627 aux îles Vestmann, au sud de l'Islande, les maisons de tourbe sont fouettées par les vents. À la fin de la saison de pêche, les retrouvailles sont fougueuses, mais brèves. Une nuit, des pirates venus d'un monde lointain font irruption: ils violent, tuent, et séquestrent 400 Islandais lors de ce qu'on appellera le Raid des Turcs.

Guðriður est enlevée avec son petit garçon. Emportés au-delà des mers du Sud, ils seront tous vendus comme esclaves. La jeune femme, battue et convoitée, est mise au service d'un dey et de ses quatre épouses. Elle découvre le climat torride et les richesses d'Alger la cosmopolite. Reverra-t-elle un jour son pays natal et son homme ?

Roman d'aventures basé sur des faits réels, nous vivrons à travers la vie de Guðriður et de son fils le destin de ces femmes arrachées à leur terre natale et "jetées" dans un monde, une culture qu'elles ne connaissent pas et ont du mal à appréhender.
Nous serons amenés à partager ses doutes sur sa capacité à résister, son retour sur son île natale, ses doutes quant à son compagnon à qui elle a été arrachée...

L'auteur nous livre un récit dans lequel on se laisse facilement emmener, agrémenté d'une documentation précise sur les raids des turcs et de leur civilisation avancée au XVIIe siècle.
Un point de vue contrasté sur les différents rapports humains qui s'installent et les choix différents que chacun peut mettre en place devant des évènements tragiques.

Arnaud

Lauréats des Prix Sorcières 2017

And the winners are...
 
ça y est, les Prix Sorcières 2017 ont été décernés...
La remise des prix se déroulera le dimanche 25 juin à 11h à l'occasion de Clameur(s), l'événement littéraire de Dijon qui aura lieu du 23 au 25 juin 2017 (http://clameurs.dijon.fr/).
Le grand Gilles Bachelet nous a fait l'honneur de réaliser l'affiche (ci-contre) !

Catégorie TOUT-PETITS
Paul a dit, Delphine Chedru, éditions Hélium

Catégorie ALBUM
Petite Pépite, Nada Matta, éditions MeMo

Catégorie PREMIERES LECTURES
Björn six histoires d'ours, Delphine Perret, éditions Les Fourmis rouges

Catégorie ROMANS JUNIORS
Sally Jones, Jakob Wegelius, éditions Thierry Magnier

Catégorie ROMANS ADOS
Le fils de l'Ursari, Xavier-Laurent Petit, l'Ecole des loisirs

Catégorie DOCUMENTAIRES
Atlas des nuages, Julie Guillem, éditions Actes sud junior

Plus d'infos sur les livres sur le site des librairies Sorcières et le site de l'ABF.

mercredi 5 avril 2017

Racontine à la librairie jeudi 18 mai

Nouveau RDV de lectures pour les tout-petits (0-3 ans accompagnés par un adulte), animé par Cécile Ribeaucourt, de l'association La Marmaille.



 
Éducatrice de jeunes enfants, cette passionnée de littérature jeunesse vient à la rencontre des enfants avec des livres, des comptines et des accessoires (marionnettes...) pour les emmener dans le monde de l'imaginaire...
 
 
 jeudi 18 mai à 10h, à la librairie

Sauvons la librairie l'Eau vive à Avignon !

La plus grand librairie jeunesse de la région PACA est en grand danger de disparition, cette librairie amie, notre partenaire lors du salon du livre de St-Paul-Trois-Châteaux !

 
Ses libraires, Dominique, Amandine, Madeline, Romain et Marion nous appellent à l’aide.
Amies, amis, aidez-nous à sauver L'EAU VIVE en donnant 5,00 EUR voire plus si affinités. Vous comme nous, savons que les petits ruisseaux font les grandes rivières pleines d'EAU VIVE...

lundi 20 mars 2017

Festival Les Mots dégelés

FESTIVAL DE LECTURES EN PARTAGE
du 21 au 25 mars à Aubenas
Avec le retour du printemps, voilà le retour du Festival Les Mots dégelés !
L’association les mots dégelés a pour but l’accès pour tous au livre et à la lecture et la création de lien social. Elle a été créée en septembre 2014 à Aubenas par un collectif de personnes réunies par la passion de la lecture et engagées, professionnellement et/ou personnellement dans la transmission culturelle ; persuadées que la culture et particulièrement la lecture ne sont pas de simples divertissements mais se fondent sur une nécessité existentielle commune à tous et participent à un projet de société.

Cette volonté se traduit par l'organisation du festival qui invite à partager des moments de convivialité et de découvertes autour des livres et de la lecture. La librairie est partenaire du festival, vous pourrez nous retrouver ici ou là dans les différents temps proposés.

Au programme
 
mardi 21 mars à 20h30 à la Médiathèque Jean Ferrat
 Conférence de l'artiste Louise-Marie Cumont : livres d'art en tissu

(http://www.bm-aubenas.fr/evenements/rencontre-avec-louise-marie-cumont)
 

mercredi 22 mars à 18h30 au centre social et culturel Au Fil de l'eau
 Inauguration

Présentation de l'oeuvre collective réalisée lors de la résidence de l'artiste Sandra Dufoursur le quartier de Pont d'Aubenas
Lecture de "Au moins un" par l'auteure
 Irène Cohen-Janca (éd. Actes sud junior collection d'une seule voix)


jeudi 23 mars à partir de 18h30 au Grand Café Français
 Soirée jeu : Voyage en Ouscrapie

animée par Bertrand Boulanger
https://gelamboo.wordpress.com/a-propos/mode-dempoil/

vendredi 24 mars à 19h30 à La Bobine
 Tréma : une émission littéraire improvisée loufoque et décalée

par la Ligue Française d'Improvisation
http://www.improvisation-lifi.com/nos-spectacles/maudit-vins-pour-mots-divins/






samedi 25 mars de 10h30 à 18h au jardin public et au centre socio-culturel Le Palabre
En continu : troc-livres, juke-books, chambre d'écoute, cabane à poèmes, ateliers créatifs, espace librairie et petits éditeurs,Ouscrapo...

LES RDV du samedi
10h30 : Le Labo des Histoires, ateliers d'écriture
 11h : spectacle jeune public Les Youpiks par la Cie Bigre !
 13h : rando-lecture avec des ânes
 14h : Labo des Histoires
 14h-15h : sieste littéraire
 15h30 : lecture à voix haute par les enfants lecteurs de l'école Beausoleil
 16h : Labo des Histoires

 
... et plein d'autres choses !
VENEZ NOMBREUX ! 

lundi 27 février 2017

Le canari m'a dit, contes et poèmes d'Afrique

Anthologie établie par Réjane Niogret et Christian Poslaniec
Illustrations Sandra Poirot-Chérif
éd. Le Temps des cerises
15 €

Alors que le 19e Printemps des Poètes est placé sous le signe de(s) Afrique(s) et invite à explorer le territoire méconnu de la poésie africaine, les éditions Le Temps des cerises publient très à propos cette anthologie de contes et poèmes destinés aux enfants.

Du canari, ce pot de terre cuite rempli d'eau qui rafraîchit la maison, s'élève les voix d'auteurs tels que Amadou Hampâté Bâ, Nimrod, Tahar Ben Jelloun, ou Léopold Sédar Senghor et de bien d'autres moins connus chez nous, des textes écrits initialement en peul, swahili, français, wolof ou anglais.
Un récit, en filigrane, sert de fil conducteur à 16 chapitres thématiques (Terre, Fleuve, Maison,Feu, Désert...) organisés de la même façon : une illustration, une introduction, un conte traditionnel réécrit par Réjane Niogret puis plusieurs poèmes.
Le tout forme un ensemble à la fois très pointu et très vivant qui offre une belle initiation à la poésie et à ce vaste continent.
Claire

A l'avenir

Olivier de Solminihac
Illustrations de Junko Nakamura
éd. L’École des loisirs collection mouche
7 €

 C'est l'anniversaire de Lucas le loup. L'occasion de se réunir et de célébrer ce jour avec des amis, mais aussi un moment propice aux interrogations existentielles : « Qui suis-je ? Et quel est mon avenir ? » se demande le petit loup… 
Interrogés tour à tour, sa maman, l'agneau féru d'astrologie, le renard sociologue ou les chouettes enclines au catastrophisme (« L'avenir ! Mais ça n'existe plus! Ou-ou-ouh là là ! »), chacun a son avis sur ces grandes questions.

Mais aucune ne peut satisfaire notre héros. Et si, finalement, tout n'était pas écrit ? Alors, tout serait à inventer… 

Une petite fable philosophique très agréable à lire et délicieusement illustrée en deux couleurs par Junko Nakamura.

Claire

dimanche 26 février 2017

La piscine magique

Carl Norac
Clothilde Delacroix
éd. Didier jeunesse
12.50 €

Le roi lion a une piscine, une piscine majestueuse, une piscine magique !!! Enfin peut-être, car si tout le monde en a entendu parler, personne ne l'a vue... alors dans la jongle, on parle, ça jase, on se moque même...

Pour faire taire sa cour, le roi décide donc d'inviter 5 de ses sujets à la tester, mais seul les mieux habillés et les plus distingués auront l'honneur de la voir mais aussi de la tester ...
Un album que les plus petits apprécieront sans modération et qui ravira le narrateur par son rythme et ses dialogues. 
Une jeune illustratrice, Clothilde Delacroix, avec de très jolis dessins à l'aquarelle qui rappelle un esprit BD. 

Et si vous avez envie de poursuivre l'aventure cliquez sur le lien ci-dessous et faites fonctionner vos talents de dessinateurs et votre imagination !
Arnaud